Perso

Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 10:22

http://1andonly-ceremony.fr/blog/wp-content/uploads/2008/05/gateau-anniversaire.jpgHier, je fêtais mon demi-siècle d'existence révolu, passant ainsi à une nouvelle dizaine et un nouveau statut  de quadra à quinqua ... déjà! ... mazette ...

Pour cette journée symbolique, qui ne me mettait pas, a priori, dans la meilleure des humeurs, je n'avais pas vraiment le coeur festif et quelques jours auparavant je m'étais interrogée sur ce que j'allais bien pouvoir faire de cette journée, qu'en bonne logique j'aurais dû passer entourée de mes proches, de tous ceux que j'aime...

http://57.img.v4.skyrock.net/574/latitenamours/pics/2688689620_1.jpgoui, mais cela, c'était un anniversaire normal, et moi, je ne voulais pas faire comme d'habitude !

Exit le gâteau, exit provisoire des amis, exit la soirée sympa et le champagne à gogo, j'ai pris mes bottes, mon manteau-anorak, mon écharpe ... et la bagnole (de mon père... puisque j'ai cassé la mienne il y a peu... et que je suis un peu fauchée pour réinvestir) et une fois n'étant vraiment pas coutume, me suis extraite de ma campagne, seule sans même un matou avec moi !  direction un lieu de recueillement, un lieu chargé d'histoire et de symboles : le Mont Saint Michel...

30-1-11-009.JPGLes dieux étaient avec moi, la journée merveilleusement ensoleillée mais avec un petit vent glacial qui fouettait, et grâce auquel je dois certainement d'avoir pu y passer un moment de calme, sans trop de touristes...

 

La journée fut inespérée ... la presqu'île rayonne d'un magnétisme qui vous saisit et vous régénère.  J'étais partie speedée, je suis rentrée complètement calmée... mais alors, calmée comme je ne l'ai jamais été !

 

Après le coucher du soleil, il y avait un office religieux dans la petite église St Pierre, qui coïncidait avec mon heure de naissance ... j'y assistais, nous étions une quinzaine, curé compris, remarquable d'humanité. A la fin de la cérémonie, j'allais le remercier et comme je lui disais que nous venions de fêter tous ensemble mes 50 ans, il s'exclama que j'étais jeune... il en avait 90 !!! regrettant un peu le temps où il officiait à l'Abbaye, maintenant trop haute à gravir pour lui.

 

Je quittais l'endroit et m'offrais un dernier spectacle en me retournant, le mont illuminé dans la nuit noire me faisait littéralement sortir d'un conte de fées.

 

Ma nuit fut peuplée d'anges, qui, dans la lumière veillaient sur moi, et je m'apercevais dans mon sommeil que je pouvais respirer plus profondément que je ne l'avais jamais fait.

http://celinepeggy2.c.e.pic.centerblog.net/o/276bd616.jpg

 


Par Mirabelle - Publié dans : Perso - Communauté : Humanisme
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 09:46
Sur la chaîne de ce que nous faisions à l'âge de sarko junior, Ataraxophère me tague...
C'est pas la meilleure idée qu'il ait eu !
D'abord à 23 ans je n'aimais pas avoir 23 ans, je n'aimais pas être jeune, ça me cassait les pieds carrément.
Pourquoi ? parce que quand on est jeune, souvent on n'est pas pris au sérieux et c'est assez frustrant.
Ce sentiment, je l'ai eu très tôt, ce qui a fait que je suis sortie du lycée sans attendre d'avoir le bac en poche ! Et je me suis mise à travailler, c'était, il faut le dire la belle époque où on trouvait encore du taf sans diplôme, sans avoir rien à prouver d'autre que d'en vouloir !
Donc, à 23 ans, je bossais toujours, formée sur le tas. Et j'en étais bien satisfaite. Mais à 23 ans, j'ai aussi pensé que je pouvais faire mieux, découvrant peu à peu le monde du travail et mes compétences et mes affinités au fur et à mesure des nouvelles tâches que l'on me confiait, j'ai voulu consolider ma base en reprenant mes études.

Que faire quand on n'a pas le bac, qu'on ne veut surtout pas reprendre des études générales et qu'on se découvre une très grosse affinité avec les matières juridiques ? On s'inscrit en vue de passer la Capacité en Droit. Ce petit diplôme a été pour moi une révélation, le mot "magique", la clef de mes études !  Tout en bossant, le soir vous vous retrouvez en amphi ... l'avenir semble vous appartenir ...
J'ai béni cette formation, et aujourd'hui je pense qu'elle devrait être le passage obligé des étudiants en droit. Mais ceci est un autre débat !
Voilà quelles étaient mes préoccupations à 23 ans ...

Au tour de JF le démocrate, d'Hervé et si elle le souhaite, une non blogueuse mais fidèle commentatrice de nos blogs, j'ai nommé Martine, que je me ferais un plaisir de publier ici.


Par Mirabelle - Publié dans : Perso - Communauté : Humanisme
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /Nov /2009 20:38

Curieux notre Crapaud, presque indiscret … me demander de raconter ma vie à la campagne, j'ai bien failli refuser … je n'aime pas parler de moi … mais à la réflexion j'ai trouvé que l'idée de raconter comment une femme seule et allochtone pouvait vivre en pleine cambrousse pouvait être sinon intéressant, au moins original.

Comment de Paris ai-je pu me transplanter ici ? Si je vous dis à cause d'un coup de foudre, vous allez vous marrer … en fait, ce n'est pas une histoire de chéri, mais un réel coup de foudre pour le lieu... c'était à l'automne, dans les années 80, mon futur mari m'avait emmenée dans une vieille maison de campagne, après plus de deux heures de route et un mal de cœur persistant à cause de sa conduite automobile, épuisée au fond du siège, je ne faisais plus trop attention au paysage … quand tout à coup, bifurquant dans un petit chemin, je suis restée éblouie par le soleil dans les branches des arbres qui faisait chanter les feuilles d'automne... ce fut pour moi une révélation.

Depuis ce jour lorsque j'avais envie de paix, de bon air et d'espace c'est ici que je venais.

La Normandie a ce merveilleux avantage d'être mer et campagne...et pour être issue d'une famille de peintres, des couleurs, des demi-teintes fabuleuses.

Je m'y ressourçais donc jusqu'au jour où je n'ai plus trouvé la force de rentrer vers la capitale ! Là j'ai calé net, d'un seul coup ! La maison n'était pas vraiment en état, je m'y accommodais.

Les gens du pays se mirent à ricaner : « elle ne tiendra jamais » … voici maintenant presque 20 ans que j'y suis ! J'ai troqué mes escarpins pour des ballerines ou des bottes, mais je ne suis jamais devenue une paysanne : les travaux manuels n'ont jamais été ma spécialité, à chaque fois que j'ai tenté je me suis déglingué le dos !

Sans complexe pour autant, j'ai considéré que je n'avais aucune raison de forcer ma nature, je me trouvais donc veuve, en pleine nature, et en plus avec une réputation d'intellectuelle puisqu'il courait le bruit, qu'écrivain, j'étais venue chercher ici l'inspiration !

Lorsque je dis en pleine nature, c'était vraiment la brousse !!! pas dans un petit bourg … non, le premier voisin était à 500 mètres ! Le bourg à presque 2 km … en fait j'étais en plein champ avec les vaches ou les brebis pour témoins... quand on pensait à les faire paître par là !

En fait, bien souvent j'avais pour seule compagnie les lapins, les renards, les blaireaux, les écureuils, les chevreuils et les oiseaux.

Restée donc seule après des années de mariage et de travail, je décidais de reprendre des études de droit laissées en plan. Cela occupait mes journées, j'avais perdu l'envie de vivre une vie rapide, mouvementée et je limitais donc mes activités, choisissant les études et la contemplation.

Seuls les moments de présence à la fac me ramenaient à la civilisation. Mais, plus âgée que les étudiants, ceux-ci bien que charmants avec moi mettaient une certaine distance, me voyant plus proche de la génération de leurs parents que de la leur …

La situation s'est cependant corsée lorsqu'après avoir validé deux DEA, j'ai choisi après bien des hésitations de finir mon cursus par une thèse … J'ai pu passer des semaines entières sans rencontrer un chat, sans un seul coup de téléphone, et parfois même avec la TV en panne !!! Le lâcher-prise total.

Mon environnement très vert, ma maison située au creux d'une vallée, m'avaient fait surnommer cet endroit « mon berceau vert » mais parfois aussi, je pensais que ma maison était mon tombeau.

Car si l'indépendance et la solitude peuvent se penser comme une grande liberté, cela peut parfois aussi devenir une prison... peu à peu, sans s'en rendre compte, on sort du circuit social et on prend toute la mesure de la condition humaine quand d'autres s'étourdissent dans les tourbillons de l'hyperactivité et des relations superficielles.

Dans cette maison j'ai connu par cet isolement de très grands bonheurs et de très intenses douleurs. J'ai été au bout de moi-même, j'ai éprouvé ma résistance, appris mes limites et à les repousser toujours plus loin. Dans cette maison je suis parfois allée me promener au paradis et parfois descendue en enfer …

Et puis, tout doucement, peu à peu je suis revenue à la vie temporelle …je me souviens bien du moment, c'était en janvier 2007... lorsque ne croyant plus en grand chose, j'ai entendu François Bayrou... là, j'ai trouvé la force de sortir de ma torpeur de belle au bois dormant et d'aller retrouver la civilisation...pour la première fois, un homme politique osait … et pour ce courage, j'étais prête moi aussi à me battre.

 

Par Mirabelle - Publié dans : Perso - Communauté : Humanisme
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 21:30
POur le 1er anniversaire de son grand départ, il aimait la photo à l'ancienne et la musique ...



Par Mirabelle - Publié dans : Perso
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /Juin /2009 23:30
  

Le hasard fait parfois bizarrement les choses  … il se trouve que mon tout nouveau fournisseur de croquettes et autres pâtés pour chats (une super bonne adresse) a son dépôt dans une ville proche de celle où j’ai passé mon enfance…

J’avais un peu de temps … et puis j’ai perdu mon père il y a maintenant 6 mois … j’avais déjà bien roulé … un peu plus un peu moins … au lieu de repartir une fois la voiture chargée…  j’ai voulu retourner sur ces lieux gardés dans mon cœur comme quelque chose d’un peu secret… dans cet endroit, j’ai ri, pleuré, appris à marcher, mes tables de multiplications … etc.  … bref, besoin de faire un petit pèlerinage …

Stupéfiant, tout a changé et rien n’a changé !

  Les maisons sont là, la végétation a poussé, les oiseaux chantent toujours … mais les âmes ont changé !

Je me suis garée à côté de mon ancien portail, j’ai regardé à travers la porte … oui, je la reconnais bien cette maison que mon père avait pratiquement faite de ses mains, le week-end, avec un copain de service militaire … décédé lui aussi !

Et puis, la maison d’à côté, ce couple âgé et sans enfant qui portait un nom d’oiseau,  avec qui nous nous entendions si bien que nous n’avions pas séparé les fonds, et ainsi les enfants jouaient chez la voisine, tout comme leur chienne Cora, venait chez nous…  et puis la maison d’en face, également un très gentil  vieux couple, dont la dame nous donnait souvent un bonbon, ou une fleur de son jardin, dont on ne perçoit plus aujourd’hui la façade tant la végétation a poussé …

Et puis la maison de Gérard, et puis celle de José, mes deux potes d’enfance … et puis aussi celle de Didier, Gilles, des grands-parents de Dominique … la rue était témoin de nos balles aux prisonniers, que nous faisions dès qu’il faisait beau, au milieu de la route … ou de nos courses  de vélo … sous les regards bienveillants de tous les adultes …

Et puis il y avait aussi ces rendez-vous de signaux avec nos torches électriques dès qu’il faisait nuit et que nos parents nous avaient sommés de rentrer…

Les petits commerces ont disparu, laissant chacun prendre sa voiture pour quelques kilomètres plus loin, sur une butte, faire ses courses dans ces grands bazars d’hypermarchés à la gomme, là où nous achetons bien sagement comme tout le monde, uniquement les produits qu’on veut bien nous proposer, aux prix sans discussion, bref, dans l’ennui qui naît de l’uniformité.

Fini la petite épicerie où on allait chercher la tranche de jambon, la baguette, les nounours ( à l’époque ils étaient tellement meilleurs … tendres et fondants dans la bouche) et les malabars.

Fini aussi la petite librairie où je dépensais mon argent de poche pour me régaler des aventures du club des 5, ou de la série verte  

Je ne parle pas de la ferme où toute petite on allait chercher le beurre, le lait, les œufs … une autre époque où le chauffage était à charbon, où les tinettes étaient dehors (mon père a vite modifié ça !) et où ma grand-mère qui me ramenait de l’école me faisait déguster des marrons chauds …

Et puis et puis… tous ces gens, ils sont pratiquement tous morts ! il reste leur maison, leur jardin … la biscuiterie s’est transformée en fabrication de céramiques, des nouveaux occupent les lieux, ont bricolé quelques aménagements… je ne les connais pas, je n’ai même pas envie de les connaître … c’est une autre époque, la vie a passé, elle a fait son œuvre, il n’y a aucune raison de perturber cet ordre, et de mélanger passé et présent … et moi, je suis là, dehors, au milieu de cette petite route et je ne peux plus m’arrêter de sangloter …

Je n’étais pas venue depuis 35 ans !

Par Mirabelle - Publié dans : Perso
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