Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 23:14
Je ne suis pas une spécialiste du droit privé, mais lors de mes études de droit, s'il y a bien un sujet que je trouvais totalement invraisemblable était la différence de traitement instituée par le droit entre les hommes et les femmes en matière d'enfant.

Si les femmes, grâce à la fameuse déclaration d'accouchement sous X, sont autorisées non seulement à ne pas assumer leur enfant  mais également à le couper définitivement de toutes ses racines, les hommes quant à eux ,se trouvent dans la situation inverse de ne jamais pouvoir se défausser, par les différentes procédures en reconnaissance de paternité qui vont de la présomption à la recherche en reconnaissance, par le biais notamment des tests A.D.N.

Pour protéger les femmes et limiter les avortements, on leur a offert l'anonymat, alors que le père, lui, se retrouve systématiquement obligé... soit à reconnaître un enfant qu'il a ou pas voulu, soit à y renoncer qu'il le veuille ou non parce qu'il se voit imposer la décision de la mère d'abandonner l'enfant.

En 2006, la Cour de Cassation est revenue sur cette discrimination, autorisant ainsi un père qui avait préalablement à l'accouchement sous X, reconnu l'enfant, de l'élever ... celui-ci a eu de la chance, il était informé ! Tous les pères ne le sont pas !

Aujourd'hui, le mur semble continuer de se fissurer avec la décision d'un magistrat d'autoriser des grand-parents à prouver leur filiation avec un enfant, mais cependant, cette autorisation est fondée sur le fait qu'ils avaient pu voir cet enfant ... donc eux aussi avaient la chance d'être informés.

Les magistrats ou le droit devront évoluer, de la discrimination Homme/Femme qui voudrait qu'un homme soit toujours obligé et la femme jamais, on en crée une nouvelle entre les informés et les non-informés.

Dans ces disputes d'adultes, a-t-on pensé à l'intérêt de l'enfant ?  ... ce n'est pas certain, les adultes s'accommodent encore comme des contorsionnistes du droit sans avoir eu le courage d'aborder le fond : peut-on priver un enfant de ses racines maternelles et paternelles parce que maman a mal géré sa contraception ou son cycle ??? 

Ensuite, si on admet qu'une femme puisse refuser sa maternité, dans ce cas pourquoi cette autorisation ne s'étendrait pas au père qui ne voudrait absolument pas entendre parler d'un enfant, laissant ainsi à égalité les parents face à leur conscience.

Cette faculté d'accouchement qui date de l'époque où les progrès de la médecine n'avaient pas encore permis aux femmes de bénéficier de bons moyens de contraception ni même de la possibilité d'avorter proprement ne devrait plus aujourd'hui être permise en l'état.

Il y a des moments où le droit semble vraiment à la traîne des moeurs ...



Par Mirabelle - Publié dans : enfant - Communauté : Humanisme
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Commentaires

La science a toujours été plus vite que le droit. C'est peut-être mieux pour que tout se fasse avec sérénité. Mais effectivement, si on écoutait un peu plus ceux qui sont nés sous X afin de réaliser ce que c'est. Il y a de grandes douleurs derrière tout cela.
Commentaire n°1 posté par Fanal Safran le 30/10/2009 à 14h45
oui, mais là non seulement le droit est en retard par la faute du législateur, mais il n'a pas trop progressé non plus par les magistrats !!! ça fait beaucoup tout de même !
quand je pense que les femmes ont voulu l'égalité !!! et oui, in fine, tu as bien raison, ce sont encore les enfants qui trinquent !
Réponse de Mirabelle le 30/10/2009 à 19h15
HoUUUUUUUUUUU
  c'est la journée... faut y passer avec la sonnette des enfants ;)
Commentaire n°2 posté par Fanal Safran le 31/10/2009 à 15h06
Très jolie image !!! mais tu t'es trompée d'article !!!
Réponse de Mirabelle le 31/10/2009 à 15h33
@Danielle,
Merci du fou rire
@Mira jolie,
Voili voila voilou, la preuve.
J'aime ton billet car en l'état actuel ne rien faire à ce sujet, contribue à déresponsabiliser les femmes, à les considérer toujours comme "mineures".
Ton avant dernier paragraphe est donc parfaitement pertinent.
Gbises
Commentaire n°3 posté par Martine le 01/11/2009 à 13h57
Tout à fait d'accord avec toi, cette "surprotection" des femmes finit par devenir insultante ... ben oui, n'en déplaise au législateur, les femmes ont une âme et un cerveau !
Réponse de Mirabelle le 01/11/2009 à 14h12

                                                                                                                






 

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