Politique

Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 08:12

http://www9.georgetown.edu/faculty/spielmag/images/echiquier1995.gifNous connaissons tous le rôle des partis politiques dans les systèmes politiques et qui peut se résumer en trois points essentiels:

- la détermination d'un programme et d'une ligne politique, afin de donner aux citoyens des repères dans chaque domaine, orientations et mesures qui doivent être négociées entre les différentes tendances internes et groupes d'intérêts qui entretiennent un lien privilégié avec un parti ( syndicats, grandes associations).

- l'analyse permanente de la situation du pays, le contrôle du pouvoir en place, et la proposition de solutions ainsi que ce qu'ils pensent de celles élaborées par le gouvernement, contribuant ainsi à la réflexion du citoyen en l'intéressant à la chose publique.

- la sélection des élites politiques et des professionnels qui gouvernent ou seront appelés à gouverner, assurant le filtrage des candidatures par le biais des investitures.


Ainsi, les partis politiques ont une fonction de médiation entre le peuple et le pouvoir politique.  Ils sont les représentants de la masse, les porte-parole des différents groupes qui constituent la société, ils portent des revendications sur la scène publique, et en discutent avec le pouvoir politique auquel il les présentent en les hiérarchisant et contribuent ainsi à réguler les intérêts contradictoires par leur expression et leur canalisation.


En France, leur image est cependant très mauvaise, et la science politique étrangère relève la faiblesse des travaux sur les partis politiques en France ainsi qu'à la structuration  de son champ de recherche où certaines branches organisationnelles ont été délaissées au profit d'approches "sociologiques".


Il faut relever un fait historique qui explique également leur faiblesse : leur structuration bien plus tardive que dans beaucoup d'autres pays européens. Pendant longtemps, les partis politiques ont été des structures simples destinées à faire élire des représentants jouissant d'une grande autonomie et jouant facilement des scissions. Ce n'est qu'au début du XXème siècle que les partis de gauche ont commencé à se structurer plus fortement, en éduquant les militants et recrutant de nombreux adhérents, à faire discuter et adopter des programmes politiques précis et à contrôler leurs élus.


La droite a résisté plus longtemps ne se regroupant jusqu'à la 2nde guerre mondiale que dans des partis de cadres et de notables, actifs seulement en période électorale pour organiser l'élection ou la réélection de leurs responsables autour d'un programme contraignant.


Il n'y a donc pas eu en France d'établissement de liens forts entre les partis politiques et la société civile.


Ce qui explique le nombre d'adhérents toujours faible sauf à de rares périodes d'effervescence collective ( à la Libération, au début de la Vème, et au début des années 80). Même si les taux d'adhérents diminuent dans la plupart des pays européens, ils restent nettement plus importants qu'en France.


De plus, selon une thèse exposée par Katz et Mair, les "partis établis" se seraient progressivement éloignés de leurs militants et de la société civile pour devenir des agences semi-publiques et centralisées, s'appuyant sur des moyens de communication moderne (sondages, consulting, nouveaux médias), et de plus en plus dépendants des ressources étatiques (et notamment du financement public), ils "s'entendraient" pour former une sorte d'alliance tacite visant à s'assurer le contrôle et le partage des ressources et à en exclure les formations nouvelles et concurrentes. Cette "cartellisation" aurait pour conséquence de favoriser le rapprochement programmatique des principales formations et de limiter la compétition politique, sans empêcher pour autant l'émergence d'organisations partisanes contestataires.


En fait, toujours selon ces deux auteurs, il n'y aurait pas déclin des partis politiques, mais leur évolution récente traduirait davantage une transformation organisationnelle liée à leur adaptation aux changements sociétaux, évolution qui remettrait en cause car ne permettant pas de rendre compte de manière satisfaisante, les typologies existantes : "parti de cadre", "parti de masse", "parti attrape-tout", "parti électoral professionnel".


Pour Katz et Mair, la crise pronostiquée s'apparenterait donc davantage à une crise des partis dans leur relation avec la société civile et par conséquent à une crise des partis de masse, plutôt qu'à une crise générale de la forme partisane.


Dans un prochain article, je reviendrais sur la typologie de ces différents partis.


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Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /Avr /2010 08:12

images.jpegPour une fois, je suis d'accord avec Daniel Cohn Bendit ... celui-ci vient de déclarer qu'à l'allure où vont les choses, 2012 pourrait bien être un 2002 à l'envers ... je partage entièrement cette opinion.

La crise, la grogne qui monte et donc le discours qui se radicalise, font le lit de cette probabilité. Marine le Pen pourrait bien se retrouver au second tour de la présidentielle.

D'ailleurs, pour avoir suivi récemment un débat sur France 2, dans son rôle, je l'ai trouvée excellente... et donc redoutable.

Mais qui est au juste Marine Le Pen ? un article sur Slate nous donne quelques pistes... et nous met en garde contre un populisme qui s'ancre de plus en plus un peu partout en Europe.

Alors au lieu de se lamenter, on ferait beaucoup mieux d' oser, de s'affirmer, d'assumer ... oui, nous avons des choses à dire et il faut les dire, avec force et conviction, en arrêtant de faire exactement comme le PS en 2002 qui s'est gratté le nombril en pleurant pendant des années et n'a cessé de décroître. Nous avons eu de mauvais résultats: dont acte. Il est  plus que temps pour le centre de cesser de s'épouiller ... d'ailleurs les anglais nous montrent l'exemple.

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Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 08:55

http://espritaveugle.e.s.pic.centerblog.net/2o2clanv.jpg

Dans le système de Rousseau, le gouvernement ne joue qu’un rôle subordonné. Rousseau distingue le souverain, peuple en corps qui établit les lois, et le gouvernement, groupe d’hommes particuliers qui les exécutent. La principale fonction du souverain est de faire les lois, qui ont une valeur religieuse et qui sont le reflet d’un ordre transcendant.
Le gouvernement est un simple agent d’exécution, les gouvernants sont les dépositaires du pouvoir, mais ils n’ont par eux-mêmes aucun pouvoir: simples officiers du souverain, ils exercent en son nom le pouvoir dont il les a fait dépositaires, et qu’il peut modifier, limiter et reprendre quand il lui plaît.

L’histoire des gouvernements qui suit l’institution de la société civile est celle d’une irrésistible dégradation. Bien loin d’enrayer la situation qui en avait provoqué l’existence, les gouvernements ne font qu’ajouter la servitude politique à l’inégalité sociale. Le contrat a été d’emblée compromis d’avoir été proposé par les riches: l’intérêt d’une partie ne peut se transformer en intérêt commun. La distinction des formes de gouvernement n’affecte pas la nature de la souveraineté.

Rousseau retrace à grands traits les destinées politiques de Rome, pour montrer que, certes, le gouvernement y a dégénéré, en se « resserrant » de la démocratie à l’aristocratie puis à la royauté et au despotisme. Aux cycles des gouvernements, il ne conserve que le schéma général du déclin. Le problème spécifique des constitutions, de leur altération respective et de la naissance qu’elles tiennent les unes des autres, est à peine pris en considération. Selon lui, les trois formes « simples » de gouvernement naissent, chacune spontanément, selon les différents degrés de l’inégalité pré-constitutionnelle et non pas au cours d’une évolution à partir d’un terme unique.

Le progrès de l’inégalité ne se définit pas par la « corruption des principes des trois gouvernements », telle que Montesquieu, à la suite des Anciens, l’avait précisée pour chacun des trois ou quatre régimes: elle se détermine par une loi universelle, énoncée dans le Contrat: la « pente à dégénérer » étant selon le Contrat un « vice inhérent et inévitable » des corps politiques, et dont Rousseau se borne à établir les trois degrés où elle s’applique successivement. Ces trois stades reprennent les choses de plus haut, puisque le premier se place au moment du pacte social.

Ce qui caractérise la volonté générale, comme volonté politique, c’est sa capacité à devenir particulière: c’est en cela qu’elle ne se transforme pas en volonté universelle. La distinction du souverain et du gouvernement est celle de la généralité de la loi et de la particularité des décrets qui l’appliquent. C’est pourquoi ils doivent être séparés: la volonté particulière du gouvernement menace de corrompre celle du souverain, et c’est du gouvernement que provient « la pente à dégénérer » des corps politiques, ainsi Rousseau exclut-il la démocratie, confusion du souverain et du gouvernement, qui ne pourrait convenir qu’à « un peuple de Dieux ».

Pourtant, sans le gouvernement, on se trouve dans une situation d’ « anarchie »: il faut que la généralité de la loi s’applique à la particularité des cas pour devenir réelle.

Lorsqu’il aborde la question du gouvernement, Rousseau retrouve les arguments relativistes de Montesquieu: ceux d’une politique du particulier, qui est une politique de l’existant. Rousseau passe en revue trois types de gouvernement:

            - la monarchie, dont il fait une vive critique, car « son but n’est point celui de la félicité publique, et la force même de l’administration tourne au préjudice de l’Etat ».

            - l’aristocratie, qui peut être héréditaire ou élective. L’aristocratie héréditaire est un système détestable, mais « c’est l’ordre le meilleur et le plus naturel que les plus sages gouvernent la multitude »;

            - enfin la démocratie, c’est à dire d’après la terminologie de Rousseau la confusion du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Ce type de gouvernement est pratiquement irréalisable et il présenterait d’ailleurs des dangers, car il n’est pas bon que celui qui fait les lois les exécute, ni que le corps du peuple détourne son attention des vues générales pour la donner aux intérêts particuliers.

Finalement Rousseau s’abstient de recommander telle ou telle forme de gouvernement: « chacune d’elle est la meilleure en certains cas ou la pire en d’autres ». Après avoir choisi un chemin si différent de Montesquieu, Rousseau n’est pas loin de conclure comme lui que la forme des gouvernements doit dépendre des situations locales, et qu’il est absurde de vouloir imposer partout une solution unique; ce relativisme apparaît clairement dans les écrits sur la Pologne et sur la Corse; d’autre part que le problème du gouvernement est secondaire et que le gouvernement a tendance à dégénérer, à trahir la souveraineté. Rousseau pense au fond comme Montesquieu, que les institutions ne sont rien sans les mœurs et il estime qu’il faut d’abord s’attacher à former les citoyens. Le grand problème pour Rousseau consiste à assurer la solidarité du corps social.

La politique n’a qu’un objet, rigoureusement déterminé: la liberté des citoyens associés. Une seule forme, la souveraineté du peuple, l’atteint; elle est donc la seule réponse possible au problème unique et parfaitement déterminé de la politique que Rousseau formule avec la plus grande précision: « trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé et par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même et demeure aussi libre qu’auparavant. »

Rousseau a confiance dans l’Etat démocratique qu’il entrevoit nettement dans le suffrage universel, dans le gouvernement direct. Il a confiance dans la volonté générale qui absorbe l’individu, dans l’idéal de solidarité réalisé par l’Etat, dans l’âme de la collectivité.

Mais cependant, comme le remarque  G. Benrekassa, la rencontre de Rousseau avec ce qu’il croit être les réalités de l’Histoire, ou du moins avec ce que, selon lui, elle a pu réaliser du concept majeur de la théorie politique, provoque un redoutable choc en retour sur la théorie même. La volonté générale s’exprime par le vote, mais pour le droit « d’opiner, de proposer, de diviser, de discuter », le gouvernement « a toujours grand soin de ne le laisser qu’à ses membres ». Tout adepte de la démocratie et tout disciple de Rousseau est ici gravement alerté.

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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 09:54

http://mailer.fsu.edu/~njumonvi/montesquieu%201.jpgJe reprends ici la suite du premier article en abordant le point de vue de Montesquieu .

 

Lorsque Montesquieu étudie les principes des trois formes de gouvernement,  les rapports des lois avec ces principes, la corruption de ces principes, les lois dans leur rapport avec la force défensive et offensive, les lois qui forment la liberté publique dans son rapport avec la constitution et dans son rapport avec le citoyen, la recherche qu’il entreprend élargit l’analyse qui découvre des rapports entre finances publiques et liberté, s’efforce de définir dans quelle mesure les institutions sont déterminées par le climat et la géographie physique, l’évolution de l’économie, du commerce, de la monnaie et de la banque, les conditions démographiques, la vie intellectuelle, morale, religieuse. Influences dont  Machiavel n’a pas tenu compte.

Classant chaque forme de gouvernement, Montesquieu parle d’abord de sa « nature » (la répartition institutionnelle du « pouvoir souverain », ce qui le fait être), puis de son « principe » (les passions spécifiques, la « modification de l’âme » requise chez les habitants comme étant le « ressort » qui fait fonctionner chaque mécanisme institutionnel, ce qui le fait agir). Il en distingue trois:

         - le gouvernement républicain: celui où le peuple en corps ou seulement une partie du peuple a la puissance souveraine: il existe donc deux formes distinctes de république, la république démocratique dont le principe est la vertu, c’est à dire la faculté pour chaque citoyen de faire passer l’intérêt général avant l’intérêt particulier, et la république aristocratique dont le principe est la modération dans l’usage de l’inégalité.

         - le gouvernement monarchique, où un seul gouverne mais qui ne se confond pas avec le despotisme car le monarque gouverne selon les lois fondamentales qui s’exercent grâce à des pouvoirs intermédiaires, son principe est l’honneur, c’est à dire l’esprit de corps, et ne se trouve donc pas entre les mains du monarque.

         - le gouvernement despotique, seul type de gouvernement qu’il condamne formellement, dont la nature est qu’un seul gouverne selon son caprice, sans lois ni règles. Son principe est la crainte. Derrière le despotisme, Montesquieu vise la monarchie absolue.

Montesquieu creuse la différence entre la monarchie et le despotisme (deux régimes d’un seul) en précisant que ce qui distingue despotisme de la monarchie, c’est la manière d’obéir: obéissance immédiate au despote, alors qu’obéissance différée dans la monarchie car les corps intermédiaires intercalent des délais entre la décision du prince et le moment où elle est obéie.

Il ne s’agit donc pas de nier que le Roi détienne le pouvoir suprême, mais de montrer que l’exercice de ce pouvoir lui impose des limites. Cette limitation provenant des effets rationnels du fonctionnement des différents corps intermédiaires. Et, le ralentissement qu’entraînent leurs interventions faites « de tempéraments, modifications, accommodements, termes, équivalents, pourparlers, remontrances » transforme la volonté despotique « capricieuse et momentanée » en une volonté raisonnable. Le pouvoir s’installe ainsi dans la durée, on n’a plus l’instabilité du caprice, mais des lois fixes et établies.

Ainsi, la distinction par Montesquieu de trois formes de gouvernement (république, monarchie, despotisme) rompt avec la typologie de la philosophie antique. La démocratie et l’aristocratie perdent leur autonomie, ne sont plus que des formes de la république.

Le classement traditionnel trialiste - monarchie, aristocratie, démocratie- n’est pas rejeté, mais il ne présente plus à ses yeux que le cadre extérieur et conventionnel au sein duquel se déploie désormais une pensée politique fondamentalement neuve.

Ainsi, les gouvernements se répartissent selon deux axes: le premier sépare les gouvernements anciens (républicains) de la modernité monarchique, le deuxième, faisant de la légalité la détermination principale du pouvoir, marque l’opposition entre les gouvernements d’un seul, qui deviennent des contraires: le despotisme est la forme corrompue ou déviée de la monarchie.

La dualité des gouvernements modérés et des gouvernements despotiques, qui s’est substituée, à la suite d’une transformation de la typologie de départ, domine le livre XI de l’Esprit des Lois, consacré à la liberté politique. C’est en effet le critère de la légalité qui permet de définir la liberté, « le droit de faire tout ce que les lois permettent ». La distinction traditionnelle, dont le critère est la participation au pouvoir, ne peut qualifier la liberté: « la démocratie et l’aristocratie ne sont point des Etats libres par leur nature », car le mot de liberté « n’exprime proprement qu’un rapport et ne peut servir à distinguer les différents gouvernements » (Pensées).

En fait, Montesquieu ne croit pas à la république, car pour lui, le temps des républiques est passé (L. Althusser). Ne connaissant que la démocratie directe des cités antiques, il la considérait comme impraticable dans les Etats modernes, de plus grande dimension et nécessairement monarchiques.

Lorsqu’il pense à une république, c’est à une république de « notables » (Althusser). Ses modèles favoris: monarchie anglaise, monarchie française antérieure à l’absolutisme, sont peu démocratiques, mais il y a l’exemple de Rome, démocratie selon le cœur de Montesquieu. Certes, pour lui le peuple est « entièrement incapable de prendre des résolutions actives » (XI, 6) et de « conduire une affaire »; mais il lui reconnait toujours la « capacité de se faire rendre compte de la gestion des autres » (II, 2) ou « pour choisir ses représentants » (XI, 6). Quand il déclare que « Dans l’Etat populaire, la liberté publique est une partie de la souveraineté » (XII, 2) il confirme que la théorie de la souveraineté populaire si développée chez Rousseau n’est pas absente chez lui.

( ce que nous aborderons la prochaine fois)...

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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 11:08

http://www.tatoutex-stickers.fr/images/diable-petit.jpgIl ne faut pas se leurrer, Nicolas Sarkozy n’a pas été élu sur la base des qualités habituelles d’un chef de l’Etat. Ce président incarnerait-il le mal ?

Habituellement,  l’accès à la magistrature suprême exige certaines vertus dont notre président semble totalement dépourvu. 

Piètre rhétoricien, car la rhétorique reste l’art du bien parler,  il ne sait pas s’exprimer sans faute de français et  son discours au lieu d’être construit autour d’arguments  solides  pétris de sagesse et d’humanisme, n’est qu’une  propagande où presque chacun peut y trouver ce qu’il souhaite, puisqu’il s’agit bien là d’une auberge espagnole … à l’Elysée …

Avocat de formation, il a vraisemblablement oublié ses cours de droit constitutionnel de 1ère année, où n’importe quel étudiant apprend sans difficulté que si le Président impulse toujours la politique intérieure, il prendra soin d’en laisser la responsabilité politique au 1er Ministre, ce qui fait de ce dernier un fusible bien pratique, permettant au Président de se dire « au-dessus de la mêlée » et de se maintenir au pouvoir malgré une politique contestée et impopulaire.  Ainsi,  Nicolas Sarkozy qui voulait pourtant sauver la Vème République, n’en a visiblement pas compris l’essence, se voulant Président et 1er Ministre à la fois, il porte seul la responsabilité de ses échecs, après avoir clamé haut et fort qu’il était le seul responsable. Les Français en tireront donc toutes les conséquences : au lieu de faire sauter le gouvernement lors d’élections locales, ils changeront de Président à la prochaine présidentielle. Finalement la Vème ne fonctionne pas si mal et ceux qui tentent de trop s’en affranchir voire de la ridiculiser, s’en mordent finalement les doigts …

Incapable de respecter les règles, il cherche toujours à faire sa loi, ainsi, tel un enfant gâté, il ne voulait pas lâcher son joujou européen … « Maman » Merkel y a mis bon ordre … mais cela a fait un peu désordre … insatisfait de certaines décisions du Conseil Constitutionnel, il ose critiquer ouvertement l’institution elle-même. Après tout si c’est l’anarchie dans le pays, il ne saurait s’en plaindre puisque c’est lui qui donne l’exemple ! Ainsi demain pourquoi ne pourrions nous pas à l’instar de notre président critiquer les décisions de justice et remettre en cause le principe de l’autorité de la chose jugée, principe qui veut qu’on ne puisse rejuger une cause déjà entendue et définitivement jugée ?  L’appel du parquet, qui chacun le sait est aux ordres du pouvoir (rappelons nous l’adage : « l’écrit est serve et la parole est libre ») contre Dominique De Villepin illustre un peu plus l’état d’esprit de cet homme entêté et revanchard qui n’accepte ni ne tolère d’être contredit.

Népotiste, ses proches font des affaires alors que pendant ce temps là, et sans faire de misérabilisme (je laisse ça au PS), les français souffrent, se serrent la ceinture … mais après tout, il enverra Carla nous chanter doucereusement  avec son petit accent « vous n’avez plus de pain ? oh !!! les pauvres ! … mais mangez donc de la brioche »… ce qui lui vaudra dans l’histoire le surnom de « l’italienne » …

Nicolas Sarkozy joue avec le feu, et il se brûle lui-même … son petit diable intérieur le consume et causera sa perte … non, il ne sera pas réélu, et cela sera une mesure de salut public …

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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 10:13
http://www.kimonossansfrontieres.com/images/tn/vent-souffle.jpgLa presse relaie un peu partout l'info, faisant des gorges chaudes d'une nouvelle défection au Modem... Nicolas About, sénateur s'en va ...il accuse le Modem d'être en opposition systématique et de délaisser chaque jour notre esprit de proposition et d'action, vertus au coeur de l'identité centriste ...

La bonne blague ... les grandes manoeuvres ont commencées continuent ... en quoi aller chez Pécresse  va-t-il lui permettre de proposer autre chose et d'agir autrement et en centriste ???

Si ce sénateur manque de souffle, en tous les cas, ses arguments, eux, ne manquent pas d'air !!! pffff ...  manifestement on prend les français pour des ...http://k.mouhoubi.free.fr/monblog/wp-content/bonnet_d_ane.jpg
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 10:12
Nous rappelons au Président de la République la promesse faite lors d’un discours le 18/12/2006

“Je veux, si je suis élu président de la république, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n’est plus choqués quand quelqu’un n’a pas de toit lorsqu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s’en trouvera remis en cause.”

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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 10:34
Il était temps ! Les maladresses accumulées du pouvoir en place ont réveillé cette opinion publique oubliée et bafouée.
L'abandon de Jean Sarkozy à briguer la Présidence de l'EPAD est le résultat de son réveil soudain, qui malgré sa décision trop tardive entachera le quinquennat de son père définitivement.

Les français sont patients mais la ligne jaune a été franchie, et ces tentatives de verrouillages resteront longtemps sur l'estomac des français.

Aujourd'hui la droite ferait mieux d'adopter un profil bas plutôt que de se gargariser et féliciter Jean Sarkozy pour sa "maturité" ... avait-il le choix ? non, le climat était devenu délétère, et la légitimité définitivement compromise par le seul fait de la contestation dont l'ampleur ne faiblissait pas.

On pourra tirer quelques leçons de cet épisode :

1- on ne peut pas gouverner par la force très longtemps
2 - les principes républicains sont bien ancrés dans les chaumières
3 - les français ne sont pas apathiques, mais patients
4 - l'internet et la communication mobile sont en danger, pour avoir trop bien fonctionné
5 - aujourd'hui l'opinion réveillée doit rester vigilante : Sarkozy a démontré que lorsque l'opinion publique l'empêchait d'obtenir quelque chose, il recommençait avec des moyens détournés (voir à titre d'exemple le référendum raté sur la Constitution européenne et le Traité de Lisbonne imposé en réponse) et fiston va tout de même devenir administrateur !!! ce qui ne laisse présager rien de bon pour le prochain mandat.
6 - pendant ce temps la France a failli à sa mission de terre d'asile et des droits de l'homme en expulsant 3 Afghans
et je ne reviendrais pas ici sur la liste qui pourrait être longue de tous les sujets de mécontentements.

Cependant, aujourd'hui, le Président et ses équipes savent que la politique à papa qu'ils dénonçaient eux-mêmes pour être élus et qu'ils ont repris en pire, car on est dans le système de la politique à grand-papa, ne peut plus passer sans risquer de faire tout sauter. Le pouvoir aujourd'hui discrédité, qui se voulait solitaire et exclusif va devoir composer et coopérer avec son opinion. Ce n'était pas vraiment prévu au programme !

Nous verrons dans les temps qui viennent quelle sera la réplique... nous sommes à un tournant.


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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 10:42
On le voyait venir et personne n'a vraiment été surpris de la création des racines probables d'un nouveau parti politique au très joli nom évocateur : Terre Démocrate.

J'avais, sur différents blogs, fait part de mes doutes quant à la nécessité d'une nouvelle création, tant il semble bien qu' il s'agisse d'une épidémie de création de partis politiques ... et là, j'ai envie de dire, quoi ? encore un ? c'est pas vraiment original.

Bon, on me dira ce n'est pas un parti politique, mais tous ces clubs, think tank, cercles de réflexions ... pfff ... soit derrière il y a des ambitions à évoluer, soit ça va servir à éparpiller encore un peu plus les militants à un moment où précisément il faudrait qu'on se réunisse tous et qu'on se solidarise une bonne fois pour toute derrière un leader.

j'ai déjà expliqué dans un précédent billet pourquoi le moment était venu de passer des états d'âmes d'idéal démocratique à une vraie construction solide, peut être pas parfaite, mais particulièrement nécessaire et par la suite perfectible quoi qu'on en dise.

J'ai récemment déploré qu'après avoir eu la droite la plus bête du monde, puis la gauche la plus bête du monde, il serait opportun de ne pas avoir le centre le plus bête du monde !


Le centre, justement ! et c'est là que le nouveau discours de Corinne Lepage me fait réagir. Celle-ci, dans la présentation de Terre Démocrate considère que le centre ne serait pas indépendant de la gauche et la droite. Elle le décrit comme se situant entre "une droite devenue autoritaire, qui s' alliant à un contrôle des médias générant une société vide de sens et cultivant l’individualisme , la compétition, tout en bénéficiant des mécanismes de l’Etat providence" et "la social-démocratie  qui ne cesse de régresser faute de proposer un modèle cohérent avec l’exacerbation de l’hédonisme, de la consommation et de l’individualisme"

Et de conclure que "le centre défini comme un juste milieu dans un modèle productiviste entre une répartition libérale et une répartition sociale n’a plus guère de sens" et que donc : " le centre au sens classique n’a plus de place."

MAIS  OU  PLACE - T- ELLE  DONC LE MODEM ????

Lorsque François Bayrou a créé le MODEM, il a précisément refusé le terme de "centre". Et je dois dire que si aujourd'hui nous parlons de parti centriste au Modem, c'est par commodité de langage, car nous ne nous considérons pas comme la synthèse des deux échecs de droite et de gauche qu'elle décrit si bien, et notre projet est de proposer autre chose.

Corinne Lepage est une femme intelligente, et là, son discours me surprend par ses conclusions rapides, si ce n'est bâclées. L'écologie n'est pas la panacée qui pourrait venir à bout de tous nos problèmes, même si elle est indispensable.

Je n'ignore pas les tensions qu'elle a vécu au Modem, sa mésentente avec Marielle, mais doit-elle nous faire passer pour autant pour un parti centriste obsolète qui ne saurait que cumuler les tares et déviations des deux autres? Doit-elle propager un tel sophisme ?

A un moment où nous devons faire face à des attaques très graves contre notre démocratie et l'esprit républicain, le moment est-il bien choisi pour régler ainsi ses comptes alors que nous devrions au contraire nous rapprocher les uns des autres pour lutter contre cette nouvelle menace ?




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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 13:18
Je reprends ici le dernier billet de l' Hérétique qui nous annonce qu'une élue démocrate est prête à relever le défi :

" Martine Volard, élue démocrate de Courbevoie a demandé au maire de Courbevoie de lui céder sa place au Conseil d'aminsitration afin qu'elle puisse faire officiellement acte de candidature. Elle a reçu immédiatement le soutien des Jeunes Démocrates. Martine Volard est consultante en organisation et management pour les collectivités territoriales : une profession idéale pour quelqu'un qui se propose de prendre la tête de l'EPAD.

Les élus MoDem ont publié un communiqué commun à propos de la prochaine nomination du fils du Président de la République.

Le décret du 9 Septembre 1958, relatif à l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense (EPAD), stipule que le président est « élu » par les membres du conseil d’administration. Nous tenons cependant à souligner que ce même conseil d’administration est composé de 18 membres : 9 représentants des collectivités territoriales (dont 2 du Conseil général des Hauts-de-Seine) et 9 membres représentant l'Etat, sous l’autorité de leur ministre de tutelle. En ajoutant la voix de Patrick Devedjian, membre du gouvernement à celles des 9 administrateurs de l'ETAT, l’Etat a la majorité absolue (10 voix sur 18). L’élection du Président de l’EPAD est donc véritablement contrôlée par l’Etat et s’apparente bien à une nomination. La nomination prévue de Jean Sarkozy, fils du Président de la République, ne peut, de ce fait, être considérée comme un acte local, résultant seulement de la volonté du prétendant et du choix de ses pairs.
A l’évidence, la très courte expérience politique de Jean Sarkozy n’en fait pas un président qualifié pour mener et piloter un tel établissement. Le président de l’EPAD assume un rôle important d’arbitrage, d’orientation, de décision et de représentation de La Défense, opération d’intérêt national, auprès des investisseurs internationaux. Nous ne pouvons donc accepter que ce rôle stratégique soit confié à un président « en formation ».
L’état-civil de Jean Sarkozy ne peut lui être reproché et ne préjuge pas de ses qualités personnelles. Nous pensons toutefois que sans cet état-civil, aucune candidature de conseiller général ou de membre du conseil d’administration de l’EPAD de la même catégorie d’âge et d’études n’aurait pu être censément envisagée.
L’éventuelle nomination de Jean Sarkozy ne peut donc apparaître comme conforme à nos valeurs républicaines et démocratiques. Face à l’émotion qu’elle suscite, dans l’intérêt de nos villes, de notre département et de notre pays, nous demandons donc instamment à Jean Sarkozy de renoncer à sa candidature, et aux conseillers généraux des Hauts-de- Seine de ne pas voter en sa faveur.

Christophe Grébert, conseiller municipal MoDem de Puteaux
Martine Volard, conseillère municipale MoDem de Courbevoie
Pierre Creuzet, conseiller municipal MoDem de Nanterre

Par Mirabelle - Publié dans : Politique - Communauté : Humanisme
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