Les pages politiques
de Mirabelle
Tout le monde parle de fromages, mais vraiment je préfère les fleurs ! ça ne fait pas grossir et ça embellit une maison, un paysage !
C'est donc le temps des tulipes, ces jolies fleurs cultivées aujourd'hui principalement en Hollande et qui éclosent en général de fin mars à fin mai !
Il y a encore quelques décennies, ces fleurs étaient également cultivées chez nous en France, en région parisienne ! Je me souviens, enfant, avoir traversé des champs de tulipes lorsque de chez ma tante, nous partions rendre visite à notre grand-père ! Nostalgie, nostalgie ... les tulipes ont fait place aux HLM ! ... il fallait bien loger tout le monde ...
Bref, pour en revenir aux actus, hé bien, oui, après NDA que je tenais à soutenir, je voterai François Hollande ! Je voterai tulipe ! J'apprécie son calme et sa détermination ...
Sans hésitation ni état d'âme !
Cette sinistre campagne prend fin grâce à la campagne enfin officielle : place à tous et c'est tant mieux ! Les inconnus sortent du bois et amènent une bouffée de fraîcheur ... je dois avouer m'être régalée à entendre Nathalie-Arlette, Philippe Poutou, Eva Joly, Jacques Cheminade et bien entendu celui pour lequel je vais voter : Nicolas Dupont-Aignan.
N'en déplaise à certains journalistes qui les considèrent comme candidats inutiles, on a pu observer de vraies personnalités, avec leur style et langage propre. Surtout, des passionnés voulant faire passer des messages. Bon, les messages de Nathalie ou Philippe, on les connaît depuis des lustres ... mais il y avait la manière, et cela ne manquait pas d'originalité ! J'ai aimé les lunettes vertes de Mme la Juge, et son règlement de compte avec Sarkozy, qui est bien mal fondé à s'en offusquer et hurler à la violation de ses droits à la présomption d'innocence... lui qui ne s'est pas privé dans plusieurs affaires d'en faire autant ! Lui qui n'a jamais voulu capter que le rôle d'un président est aussi de donner l'exemple ... lui, qui juriste sait très bien ce que signifie les faisceaux d'indices concordants ... lui, qui refuse de s'expliquer... D'accord, ce n'était pas un programme politique, mais cela méritait d'être souligné !
Il est regrettable que certains journalistes aient noyé le poisson des explications de Jacques Cheminade avec la conquête de Mars ... cet homme dit des choses intéressantes.
Quant à Nicolas Dupont-Aignan, cela fait un bon moment que je le dis, il est une alternative sérieuse. Petit candidat deviendra grand. Il a un programme, des idées, et une vraie vision du pays, ce qui est rare.
Ainsi, si les journalistes les avaient laissés s'exprimer dès le début, peut être aurions nous trouvé la campagne bien moins pénible, le niveau aurait été remonté,
la multitude des idées et des débats développés au détriment des attaques sur les personnes, qui ont permis à Sarkozy de maintenir, pendant cette période, une campagne telle qu'il la voulait, une
campagne de caniveau... et il s'étonne aujourd'hui de baisser dans les sondages ? mais dès qu'il est obligé de laisser parler les autres, cela soulage tout le monde ! Se rend-il bien compte
de l'ambiance de merde qu'il a mise, aussi bien dans cette pré-campagne que depuis 5 ans ?
Ce type me glace le sang ! Il se présente sur des affiches sobres alors qu'en fait c'est un diable ! Derrière la présentation, il y a la menace permanente, l'envie de détruire... dès qu'il ouvre le bec c'est pour tuer, dénigrer, mépriser... il fait passer un message de mort !
Bref ... aujourd'hui nous sommes face au choix ... et il y en a pour tous les goûts ! alors surtout, exprimez vous ! votez ! Grâce à ces petits candidats vous
pouvez faire passer des messages ... et en plus ils méritent aussi d'être soutenus ... parce qu'ils le valent bien ! 
L'affligeante campagne présidentielle que nous vivons me coupe les bras, le sifflet, le cerveau ... bref la politique ne m'intéresse plus et je me sens comme sur un nuage m'élevant de plus en plus haut, n'entendant plus qu'un vague brouhaha de plus en plus uniforme ... de moins en moins audible ...
Par erreur, je me connecte encore, et je tombe sur les stats de mon blog, stats auxquelles je n'ai jamais vraiment prêté attention, car peu m'importait d'être lue un peu, beaucoup, passionnément ... j'écrivais pour dire des trucs... et je crois me souvenir que j'ai souvent écrit des billets uniquement parce qu'on me demandait mon avis dans des chaînes auxquelles aujourd'hui, boudée par mon ex-camp, je ne suis plus conviée.
Et j'ai été surprise de constater que j'avais encore des visites ! Quelques personnes attendraient-elles que Mirabelle donne son avis sur l'actu ? A vrai dire Mirabelle ne pense plus rien ... Mirabelle ne croit pas qu'en 2012 votre vie changera ...Mirabelle est limite de ne pas voter... bien qu'elle se fera certainement violence rien que pour aller dégager celui qui occupe depuis déjà trop longtemps l'Elysée, place conquise à son sens sur un dol.
Non, Mirabelle n'a plus envie de commenter les déclarations à l'emporte-pièce des uns et des autres, ni la montée de Méluche qu'elle considère comme les autres, comme un sophiste. Pas plus que la canaille toulousaine dont un certain président avait promis qu'il allait nous débarrasser ... mais c'était hier ...aujourd'hui il emploierait d'autres termes, pour de toutes les façons ne rien faire.
Mirabelle en a marre de surfer sur l'évenementiel, sur la polémique, sur ce qu'on veut nous faire croire et qui n'est pas forcément la réalité ... car Mirabelle avoue ne rien piger à la politique étrangère du gouvernement, et a de gros doutes sur la propagande faite qui consisterait à nous faire croire qu'ils sont tous d'infâmes dictateurs sanguinaires ... après tout, y sommes nous allés ? ne nous dit-on pas ce qu'ils ont envie de nous dire ? de nous faire croire ?
Bref, désabusée, pourquoi alors se fatiguer ? je ne me retrouve plus dans les écrits de ceux qui hier étaient mes correspondants... ai-je changé ? ont-ils changé ? tout reposait-il donc sur un malentendu ? 2007 aura permis cette émulation d'idées, de débats, 2012 les a tous enterrés ... nous sommes face à la consternante réalité du moment : déglingués par ces 5 années et devant la nécessité de mettre dehors celui qui n'a pas voulu sortir dignement par la porte et tente de rentrer par la fenêtre et serait prêt à tout pour ça.
En attendant, le peuple souffre, les animaux sont de plus en plus maltraités... on ne peut parler ni de réussite ni de progrès ! La capacité qu'ont nos gouvernants à transformer la vie sur terre qui pourrait être belle, en vallée des larmes, me surprendra toujours !
En fait, le premier progrès serait purement et simplement de refuser la politique ... et les politiciens ! mais ceci est un autre débat ... et moi, je ne sais même pas si je vais continuer à maintenir ce blog !
D'aucun d'entre nous connaît la phrase de Gandhi : " On reconnait le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite ses animaux" ...
Un site initié par des associations protectrices, a décidé de mettre en lumière les positions de nos politiques vis à vis des animaux sur divers thèmes de leur condition. A lire avant de se décider ... afin que nul n'ignore !
L'incroyable nouvelle que les dirigeants européens se coaliseraient contre
François Hollande m'a fait halluciner ... dans ma petite tête de minette un peu écervelée, je me suis demandée s'il s'agissait d'un canular ou de propagande pro-Hollande !!!
Je n'arrive pas à comprendre que des dirigeants d'autres pays puissent vouloir s'immiscer dans une élection nationale.
Quelle est leur stratégie ? Prennent-ils à ce point le peuple français pour impotent, débile, infantile ? Faut-il, compte tenu de l'état du pays, le mettre déjà sous tutelle ? Ou est le respect de la démocratie, du peuple ? Ils se prennent pour qui ?
A vrai dire, on voudrait faire élire François Hollande dès le premier tour, qu'on ne s'y prendrait pas autrement ! Ceux qui dirigent aujourd'hui l'Europe-de-la-trique-du-fric-et-de-la-clique, ont-ils bien conscience que leur putain de traité a été rejeté à 55% ? et qu'aujourd'hui il battrait plus encore des records d'impopularité à l'image de leur président sortant qui s'est offert le luxe de sodomiser les nonistes en faisant ratifier la même chose par ses parlementaires ?
Décidément le peuple français est bien maltraité ! ça augure de la suite ... au cas où nous nous retrouvrions comme la Grèce ... ça donne envie surtout de tous les dégager !
On ne fait pas l'Europe sans le consentement des peuples ! on n'impose pas un gouvernement et un Président à un peuple souverain, même si on l'a déjà dépouillé de beaucoup de ses prérogatives et que pas plus tard qu'hier, des traitres à la nation ont voté le MES !
Hollande est déjà bien gentil de parler de re-négociation, car compte-tenu de l'Etat dictatorial qui se met en place à Bruxelles, cela donne davantage envie de tout pulvériser que de discuter avec des fachos pareils !
D'ailleurs, c'est vraiment bizarre, mais on ne les entend pas trop sur la contiinuelle réélection de Poutine ! Ils sont jaloux ! Si seulement ils pouvaient en faire autant ! hé oui ! et Mirabelle vous le dit ... si on continue à les laisser faire, c'est exactement ce qui arrivera d'ici peu chez nous !
"Allez, quoi, soyez sympa, bandes d'abrutis, continuez à vous faire fouetter ... à vous prendre le mur ... c'est tellement marrant ... c'est à peu près ainsi que se font les O.P.A ! On vous rachètera pour des prunes... et vous n'aurez plus qu'à la fermer" ... c'est à peu près le message qu'on nous envoie ! sympa, hein ? Mais vous avez juste oublié un truc, les français n'aiment pas, que dis-je, insupportent qu'on leur dicte ce qu'ils ont à faire ... alors, vous savez ce qu'ils vous disent, les français, hein ?
Hier, François
Hollande a lancé subitement une idée, de taxer 75% des revenus au-dessus de 1MF/an... à vrai dire je ne sais pas si on lui en demandait autant, et cela a fait réagir comme prévu... tous les
autres... Parce que faute de vrai programme, chacun guette l'autre et se gausse à la première proposition... bonne ou mauvaise, juste ou injuste, appropriée ou pas.
Voilà en fait où en est réduite aujourd'hui la campagne présidentielle ! Car nul ne sera dupe que dans la situation du pays, de la crise, de l'Europe, la mondialisation, du chômage et de l'essence qui grimpe, aucun parti politique n'est plus en mesure que de balancer des petites idées symboliques pour caresser l'électeur qu'il veut atteindre, dans le sens du poil, parce qu'il est pris et dépendant d'un système qu'il ne contrôle pas et est devenu fou !
François Bayrou parlait de déconomètre, il n'a pas entièrement tort, sauf que le déconomètre, c'est valable aussi pour lui comme pour tous les autres !
Car que dire ? quelque soit l'élu, il sera coinçé, engoncé dans la crise, les traités signés et les problèmes quotidiens, sans marge de manoeuvre ou presque...
Les français le savent bien, et d'ailleurs aujourd'hui ce n'est même pas pour un programme qu'ils vont voter ( quel est le français moyen qui connaît les programmes complets de tous les candidats ?) ... mais pour une personnalité ... et pour quelques symboles que ce dernier aura su mettre en valeur.
Ainsi, les candidats sont-ils réduits à des effets d'annonce, des mimiques, des petites phrases ... bref, on est dans l'improvisation, car dans la réaction à l'autre et aux dernières infos ... une curieuse impression de ségolènisation de la campagne !
On assiste donc à une campagne d'invectives, de critiques de plus ou moins bon goût, mais aussi d' exercices de réthorique ... chacun fait comme il peut pour marquer un point ...dans un système de vases communiquants ... où les points passent des uns aux autres.
Bref, ici on compte les points ! un match quoi ! et peut être vaut-il mieux s'abstenir de lancer les paris cette année ...
car lorsque la politique ne peut plus répondre et qu'on se trouve réduit à se rabattre sur une personnalité, plus rien n'est certain. L'objectif devient subjectif, le raisonnement laisse la place à l'émotionnel ... tout devient possible... même le pire !
Que pense donc Mirabelle de tout ça ? pas grand chose d'autre que de l'inquiétude vis à vis des discours dont elle remarque non exactement les mensonges, mais les sophismes ... la perversion des idées, les glissements sémantiques divers et variés... les mots n'ont presque plus de sens... et il n'est même plus certain que derrière les mots il y ait des idées ...ni derrière les idées des convictions. Un immense brouhaha, une immense confusion... un peu comme la tour de Babel où chacun parlait sa langue et personne ne comprenait plus personne, ou ne comprenait que ce qu'il avait envie de comprendre ...
Bref, la future élection pourrait bien résulter d'un méga malentendu ... pour finalement ne promouvoir qu'une seule politique, toujours la même ... uniformément en Europe ... oubliant que la France était le pays de la démocratie et des droits de l'homme ... mais c'était de l'histoire ancienne... demain sera totalitaire, je le pressens ... et quelque soit l'élu ... sauf si celui-ci a la force de s'affranchir d'un modèle dans lequel nous sommes en train de nous noyer.
Mais il lui faudra beaucoup de courage et d'imagination. Comment faire campagne dans ce cas ? impossible ... car un tel changement ne peut s'envisager sans déplaire ... et une campagne c'est aussi de la séduction !
Nous avons donc un Sarkozy qui se veut pro, un Hollande au-dessus des médisances, un Bayrou chewing-gum, une Joly provoc, un Méluche père fouettard, une Marine maous costo (comme la pub de la lessive pour les plus anciens) ... mais aucun n'a vraiment de programme, sauf peut être Sarkozy dont le programme inavoué est de casser un maximum le pays pour qu'il ne puisse pas se relever, j'en suis absolument convaincue.
La campagne présidentielle ne serait-elle plus qu'un combat de coqs où deux grands partis politiques présenteraient chacun un candidat volontaire à être calife à la place du calife ?
Mais que faisait donc le PS, hier à l'assemblée ? Bonnet blanc n'empêcherait donc plus blanc bonnet de nous faire passer à la hâte à l'assemblée des vacheries européennes pour nous foutre par terre, sans même poser la question au peuple français ?
Le MES ... qui sait ce que c'est que ce MES ? on en a à peine entendu parler ... silence des JT ! pourquoi ? parce que c'est honteux et que ça pourrait foutre le feu au pays !
Car, oui, ils ont osé voter ça vos députés ump ! et les autres, ils ont fait quoi ? ils s'y sont opposés ? que nenni ! ils se sont gentiment abstenus .... allez, on laisse faire à l'UMP le sale boulot ....et puis on pleurera après ... larmes de crocodiles, oui ! alors que le Sénat s'apprête à s'abstenir également ! la honte ! que fichez vous, le PS ?
le MES, c'est expliqué ici :
Les surprises du mécanisme européen de stabilité …
Le "Mécanisme européen de stabilité" devrait remplacer à partir de juillet 2013 le FESF et le MESF. Mais sa légalité au regard des traités européens est douteuse et il présente des caractéristiques surprenantes. Il fait par exemple du FMI une quasi institution européenne ! Au moment même où l'Europe entreprend avec le MES un "bataclan juridique" sans précédent, marginalisant les Parlements nationaux, elle prépare une gouvernance économique et budgétaire hypertechnocratique.
Une analyse éclairée de Romain Rochas, Chef de division honoraire de la Cour des comptes européenne.
Le Mécanisme européen de stabilité (MES)
Par quels moyens espèrent-ils sauver l'€uro?
1.- Les composantes du MES
Le MES est prévu pour être un mécanisme d'assistance financière à des Etats de l'eurozone dont l'endettement risquerait de ne plus être "supportable", c'est-à-dire d'entraîner une défaillance des Etats en cause, incapables d'honorer leurs obligations d'amortissement de leur dette, compromettant ainsi la stabilité de l'eurozone entière. L'assistance financière accordée, généralement sous forme de prêts, doit être subordonnée à une stricte conditionnalité, c'est-à-dire à un programme d'ajustement macroéconomique, autrement dit à un plan sévère d'austérité financière et budgétaire..
Le MES aura nécessité trois initiatives distinctes:
a) Les 16 et 17 décembre 2010, le Conseil européen a retenu le principe de la création du MES. Les 24 et 25 mars 2011, il a défini de façon assez détaillée les caractères du système à mettre en place.
b) Le projet de MES était contraire à certaines dispositions du traité de Lisbonne. Pour rendre le MES compatible avec le traité, une modification de celui-ci a été retenue les 16 et 17 décembre 2010 par le Conseil européen. Cette modification a été adoptée par une décision du Conseil européen du 25 mars 2011.(2)
c) Les conclusions du Conseil européen ont été mises en œuvre par la signature le 11 juillet 2011 d'un traité entre les Etats membres de l'eurozone. Pour qu'il n'y ait pas de confusion avec les traités propres à l'Union européenne, nous appellerons ce nouveau traité le "traité intergouvernemental" (ou "TI"). Nous allons vérifier tout de suite en quoi se justifie une telle dénomination.
Le MES est appelé à remplacer à partir de juillet 2013 le FESF (Fonds européen de stabilité financière) et le MESF (Mécanisme européen de stabilisation financière).(3)
2.- Le caractère intergouvernemental du MES
Le caractère intergouvernemental du MES se manifeste à un triple titre.
2.1.- Les capitaux du MES sont exclusivement gouvernementaux
Jusqu'à juin 2013, les prêts aux Etats en difficulté sont accordés en partie (majoritaire) par les Etats membres de l'eurozone – c'est l'objet du FESF -, en partie par l'Union européenne – c'est l'objet du MESF. Le MES est appelé, à partir de juillet 2013, à remplacer à la fois le MESF et le FESF, pour un montant total de prêts pouvant être égal à la somme des dotations du MESF et du FESF, soit 500 milliards d'euros. Et cette fois, la totalité de la somme est fournie ou garantie par les Etats. A cet égard, l'Union est totalement évincée.
Voici sous quelles formes se fera cette contribution des Etats de l'eurozone. Le MES sera doté d'un capital social s'élevant à 700 milliards d'euros et libérable pour une première tranche à hauteur de 80 milliards (article 8 du TI). Le reste du capital sera libéré par tranches décidées à la convenance du Conseil des Gouverneurs, autorité supérieure du MES composé de représentants des gouvernements. Toutefois, le Directeur administratif du MES peut décider des appels de fractions non encore libérées du capital social lorsque la situation financière du MES l'exige (article 9).
Le capital social et les appels successifs de libération de celui-ci sont répartis entre les Etats membres du MES selon la même clé ayant servi au partage du capital social de la Banque centrale européenne (BCE). Ainsi, avec 17 Etats membres de l'eurozone, donc du MES, la part de la France est de 20,3859 %, soit de 142 701,3 millions d'euros. Le seul Etat ayant une part plus importante est l'Allemagne, avec 27,1464 %.
Les Etats membres du MES n'ont pas à fournir la totalité des sommes prêtées. Le MES lève des capitaux. "Le MES mettra en œuvre une stratégie de financement appropriée afin de garantir l'accès à un large éventail de sources de financement" (Conclusions du Conseil européen des 24 et 25 mars 2011). C'est vague, donc discrétionnaire.
On mesure le chemin parcouru de la CECA au MES. La CECA avait certes un objet bien différent de celui du MES, puisque les financements qu'elle apportait étaient destinés aux entreprises des secteurs du charbon et de l'acier. Toutefois la CECA, comme le MES, fut une sorte de banque levant des capitaux sur le marché financier qu'elle utilisait à accorder des aides à ces entreprises. Or la CECA était une Communauté, au même titre que la CEE ou Euratom, régie par un traité européen, et même marquée par un degré particulièrement fort d'intégration, plus accentué que celui qui marquait, au moins initialement, la CEE. Toutes les institutions communautaires étaient sur les rangs pour gérer la CECA. Les budgets de la CECA étaient des budgets communautaires. La CECA était soumise au droit communautaire. Par comparaison, le MES apparaît comme un électron libre!
2.2.- Les décisions majeures sont prises à l'unanimité des Etats membres du MES,
c'est-à-dire de l'eurozone
a) Puisque le MES est institué par un véritable traité passé entre les pays membres de l'eurozone, il a fallu dès l'origine un accord unanime des gouvernements correspondants sur le texte de ce traité. Bien plus, s'agissant d'un traité, il devra être ratifié ou approuvé par les 17 Etats signataires conformément à leurs procédures nationales respectives.
b) Les décisions majeures prises par les organes du MES le seront à l'unanimité. Les organes de décision du MES seront:
- le Conseil des Gouverneurs,
- le Conseil d'administration,
- et le Directeur administratif.
Le Conseil des Gouverneurs, instance suprême de décision, est composé des Ministres des finances des 17 Etats. Toutes les décisions importantes – le TI précise lesquelles – sont prises à l'unanimité, ou plutôt "d'un commun accord", nuance restrictive qui signifie que l'unanimité n'est requise que pour les membres votants. L'absence de quelques ministres ne peut donc pas compromettre la prise de décision. Toutefois un quorum des 2/3 des membres est tout de même requis. Ceux qui veulent faire entendre leur point de vue n'ont qu'à être assidus!
Il est vrai que le Conseil des Gouverneurs prend des décisions de moindre importance à la majorité qualifiée. Mais il faut remarquer que la majorité dite "qualifiée" est beaucoup plus forte dans le MES que pour les décisions du Conseil dans le cadre de l'Union, où elle est seulement de 55 % des Etats membres représentant au moins 65 % de la population de l'Union. Dans le MES, la majorité qualifiée est de 80 % des droits de vote des Etats, les droits de chaque Etat étant proportionnels à sa part dans le capital social du MES, elle-même fonction de l puissance économique du pays. Majorité donc plus forte, mais qui favorise les grands Etats.
Le Conseil d'administration prend ses décisions en général à la majorité qualifiée, mais c'est un organe subordonné au Conseil des gouverneurs, et composé de personnes compétentes nommées par chaque Gouverneur.
Enfin le Directeur administratif est une personne compétente nommée par le Conseil des Gouverneurs. Il agit sous la direction du Conseil d'administration.
Toue la hiérarchie préserve donc largement les droits de l'ensemble des Etats membres du MES et de chacun d'entre eux.
2.3.- Le MES échappe au droit de l'Union.
2.3.1.- Les aspects de cette émancipation
Le traité qui crée le MES n'est pas un traité de l'Union européenne. Ce n'est pas un traité qui modifierait le traité de Lisbonne ou qui serait conclu sur la base d'une disposition du traité de Lisbonne. D'après les conclusions du Conseil européen précité des 24 et 25 mars 2011, "le MES sera institué par un traité conclu entre les Etats membres de la zone euro, sous la forme d'une organisation intergouvernementale relevant du droit international public." C'est bien ce qui a été fait. Et le traité intergouvernemental conclu conformément aux lignes qui précèdent qualifie l'organisation ainsi créée d' "institution financière internationale" et revendique pour ses organes le bénéfice des plus larges privilèges et immunités diplomatiques et fiscales.
La nouvelle organisation n'est donc pas une nouvelle "institution" de l'Union ni même une excroissance d'une institution préexistante. Elle est tout à fait distincte de l'Union. Elle n'est pas régie par le droit de l'Union. Le droit qui lui est applicable, c'est le droit engendré par le TI lui-même.
C'est ainsi notamment que, pour ces procédures de sauvetage financier d'urgence dans l'eurozone, on n'a pas opté pour le recours à la procédure ultra-communautaire des coopérations renforcées, comme l'avait recommandé le Parlement européen dans son avis.(4) Certains Etats membres militaient pour l'institution d'une "union de transferts", c'est-à-dire pour un mécanisme fédéral plus ou moins automatique de transfert de ressources des pays en bonne santé financière vers les pays en crise, cependant que d'autres Etats, notamment l'Allemagne, s'y sont farouchement opposés. Dans le MES, rien de tel, puisque l'unanimité des Etats membres du MES est requise non seulement pour l'attribution d'une aide (article 5, § 6, du TI), mais aussi pour le déblocage des tranches suivant le premier versement (article 13, § 7).
Le Parlement européen a protesté contre ce caractère intergouvernemental du MES, estimant que l'intégration dans les mécanismes de l'Union eût été préférable.(5) La BCE défend la même thèse.(6) La Commission n'élève pas la même objection, mais elle insiste sur la nécessité de développer parallèlement au MES des mécanismes propres à l'Union tendant à renforcer la gouvernance économique au sein de la zone euro. Et elle s'y emploie.
2.3.2.- Les traces de l'Union
Cependant des "traces" de l'Union subsistent dans le système du MES. L'émancipation du MES par rapport au droit de l'Union a posé quand même à ses créateurs quelques problèmes, car le MES empiète sur des prérogatives et domaines attribués à l'Union par les traités européens. Or les Etats membres du MES restent aussi membres de l'Union et sont donc inévitablement soumis à ce titre, eux, à la totalité du droit de l'Union. Parmi ces domaines pour lesquels Union et MES ne peuvent éviter une confrontation, citons la politique monétaire, le Pacte de stabilité, la coordination des politiques économique et budgétaire. Le droit européen et les institutions de l'Union ne sont donc pas totalement absents du nouveau mécanisme imaginé, mais ils trouvent une place étonnamment modeste, en retrait et en positions subordonnée. Voici les quelques reliquats de l'Union que l'on retrouve dans l'architecture et les procédures du MES.
1.- La coordination des politiques économiques prévue par le TFUE.(7)
Les mémorandums d'accord par lesquels un pays obtiendra une assistance financière du MES devront être assortis d'une "stricte conditionnalité",(8) c'est-à-dire imposeront un programme d'austérité de nature à rétablir l'équilibre budgétaire ou au moins le caractère supportable de la dette. Or le TI ajoute (article 13) que le mémorandum "devra être pleinement cohérent avec les mesures de coordination de la politique économique prévue par le TFUE". De plus, la mise en œuvre du programme d'ajustement macroéconomique donnera lieu à une surveillance par la Commission européenne qui devra assurer le respect de la conditionnalité et rendre compte de cette surveillance au Conseil. Mais en fin de compte, c'est le Conseil d'administration du MES qui, au vu des conclusions de la Commission, appréciera d'un commun accord s'il convient de débloquer le versement des nouvelles tranches du prêt (article 13, § 7).
Après la fin du programme, le Conseil pourra décider, sur proposition de la Commission, de mettre en place une surveillance qui pourra durer aussi longtemps que le prêt n'aura pas été totalement remboursé. Nous sommes là dans une procédure typiquement communautaire (initiative de la Commission, décision du Conseil, dans une matière elle-même communautaire).
Il est vrai que cette intervention propre d'instances de l'Union – Commission, Conseil – a été prévue par le Conseil européen lors de sa session des 24 et 25 mars 2011, non par le TI. De fait, ce n'est pas à un traité intergouvernemental de définir des procédures relevant de l'Union. Mais dans leur gestion du MES, les Etats qui en sont membres devront aussi respecter les procédures de l'Union ainsi précisées hors du TI. Cette intervention directe de la Commission et du Conseil est tout de même rappelée par le TI, mais seulement dans certains de ses considérants(9) , lesquels sont alors de simples rappels de dispositions qui, pour lui être externes, n'en sont pas moins applicables.
2.- Passerelle entre les finances de l'Union et celles du MES
C'est au MES que les Etats membres de la zone euro verseront les sommes correspondant aux sanctions qui leur auront été infligées en vertu du Pacte de stabilité et des procédures relatives aux déséquilibres macroéconomiques.(10) Pour qu'une telle disposition prenne effet, il faudra modifier les textes régissant le Pacte de stabilité. En effet, jusqu'à présent, ce sont les Etats membres "vertueux" qui sont censés se partager les amendes payées par les "coupables".(11)
3.- Interventions d'institutions de l'Union prévues par le traité intergouvernemental
Le TI prévoit lui-même certaines interventions d'institutions de l'Union, mais ces interventions n'auront qu'un caractère consultatif. Certaines interventions de la Commission sont déclenchées par le Conseil des Gouverneurs, la Commission étant ainsi dépossédée de son pouvoir habituel d'initiative. La Commission apparaît ainsi à certains égards comme un secrétariat administratif au service du Conseil des Gouverneurs. C'est une inversion totale des rapports de pouvoirs entre Etats membres et Commission qui, au sein de l'Union, sont marqués par une très large domination de la Commission. Voici la liste de ces manifestations de présence et de ces interventions de certaines institutions de l'Union dans l'organisation et le fonctionnement du MES.
La Commission
- Le Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires peut participer aux réunions du Conseil des Gouverneurs, mais seulement comme observateur, donc sans pouvoir délibérant (article 5 du TI). Le même Commissaire peut nommer un représentant habilité à siéger au Conseil d'administration, également comme simple observateur (article 6).
- Lorsqu'un Etat demande une assistance, le Président du Conseil des Gouverneurs mandate la Commission à évaluer l'existence du risque financier affectant l'eurozone du fait de la situation de cet Etat, à entreprendre une analyse du caractère supportable ou non de la dette dudit Etat, à évaluer le montant des besoins financiers qui en résultent pour cet Etat, à envisager la nature de la participation du secteur privé (article 13).
- C'est la Commission qui négociera le mémorandum d'accord avec l'Etat demandeur, mémorandum par lequel sera définie l'assistance financière accordée. Mais il revient au Conseil des Gouverneurs seul de l'approuver. Une fois dûment approuvé, le mémorandum est signé par la Commission (ibidem). Cette compétence pour signer est sans doute la plus importante que la Commission ait obtenue. Elle ne s'imposait guère. Puisque c'est le Conseil des Gouverneurs qui approuve le mémorandum, il aurait été logique que ce soit son Président qui le signe!
- La Commission sera mandatée par le Conseil des Gouverneurs pour surveiller le respect de la conditionnalité attachée à l'assistance accordée. Etant donné, on l'a vu, que cette compétence de la Commission lui vient à la vérité du traité de l'Union, on se demande quelle est la consistance de ce "mandat", puisque le Conseil des Gouverneurs ne pourrait omettre de le conférer.
Eurogroupe
Le Conseil des Gouverneurs peut choisir, soit d'être présidé par le Président de l'Eurogroupe, soit d'élire son président en son sein. L'immixtion communautaire sur ce point paraît inopportune, mais reste facultative (article 5).
Conseil
Le traité intergouvernemental doit être déposé au Secrétariat général du Conseil, lequel en transmettra des copies certifiées à tous les signataires (article 41). Les instruments de ratification ou d'approbation doivent être pareillement déposés au Secrétariat général du Conseil, pas plus tard que le 31 décembre 2012. Le Secrétariat général doit notifier à tous les signataires chaque dépôt d'instruments de ratification avec la date du dépôt (article 42).
Parlement européen
Le Parlement sera tenu régulièrement informé "de la mise en place du MES et de son activité". C'est tout pour le Parlement européen. Et encore, cette information lui sera fournie non par les organes du MES, mais par "le Conseil et la Commission".(12) En somme, le MES, lui, ignore complètement le Parlement européen.
Cour de justice de l'Union
En cas de question sur l'interprétation du traité intergouvernemental et de ses modalités d'application, c'est le Conseil des Gouverneurs qui est compétent pour donner la réponse. De même, c'est lui qui est compétent pour trancher un litige entre membres du MES et le MES lui-même, ou entre plusieurs membres du MES. Toutefois dans ce cas de litige, un membre du MES peut faire appel de la décision du Conseil des Gouverneurs devant la Cour de justice de l'Union (article 32 du TI). Cette disposition est peut-être une des plus dangereuses, car elle ouvre la porte à une reconquête du MES par le droit de l'Union via la jurisprudence de la Cour de justice.
Banque centrale européenne (BCE)
Plusieurs tâches sont effectuées par la Commission "en liaison avec la Banque centrale européenne". Cette formule est vague. S'agit-il d'un pouvoir de codécision? Il semble plutôt qu'il s'agisse plus restrictivement d'une obligation pour la Commission de consulter la BCE. Les tâches en cause sont:
- l'évaluation du risque;
- l'analyse du caractère supportable ou non de la dette de l'Etat demandeur;
- l'évaluation du montant des besoins financiers de celui-ci;
- la recommandation à donner sur la nature de la participation du secteur privé;
- la surveillance du respect par l'Etat bénéficiaire de la conditionnalité attachée à l'assistance accordée.
(Article 13 du TI.)
Les institutions évincées dans l'urgence pourraient bien ultérieurement s'efforcer de récupérer une partie des pouvoirs perdus. Perdre des compétences, cela semble beaucoup préoccuper la Commission. Dans son avis sur le projet de décision modifiant l'article 136 TFUE, celle-ci vérifie soigneusement que la réforme ne réduira pas les compétences attribuées à l'Union et à ses institutions, alors que l'article 48, § 6, du TFUE, qui a servi de base pour la révision de cet article, impose seulement que la révision du traité n'accroisse pas ces compétences. Et la Commission d'insister lourdement sur "le paquet législatif ambitieux" visant à renforcer la gouvernance économique, autrement dit sur ses 6 propositions en cours de discussion relatives à cette question de la gouvernance économique et budgétaire. De même, la Commission entend proposer un règlement qui précisera les étapes nécessaires dans le cadre de l'article 136 ainsi modifié.(13) Passons sur la foucade intergouvernementale, mais revenons vite au communautarisme des procédures!...
3.- Des relents de mondialisme
Pour résumer à l'extrême, le mondialisme, c'est le largage des amarres qui rattachent les institutions à des peuples et à la démocratie, pour les confier à des groupes mondiaux apatrides. On retrouve quelques aspects de ces tendances dans le système du MES.
3.1.- L'abandon de la démocratie
Un des aspects majeurs de nos démocraties représentatives, c'est la valeur attachée aux pouvoirs parlementaires. Or les procédures du MES ne comportent aucune consultation ni du Parlement européen, ni des Parlements nationaux.
On ne pleurera pas trop sur l'oubli du Parlement européen qui, selon la Cour constitutionnelle allemande, n'est pas une institution démocratique. L'omission totale des Parlements nationaux est nettement plus choquante, les questions financières et budgétaires étant par excellence de leur compétence.
3.2.- Le FMI quasiment promu institution européenne
Quant à la mondialisation des pouvoirs, elle se traduit par le fait que les procédures du FMI sont mentionnées comme la référence et le modèle à suivre. En effet la participation du secteur privé doit être recherchée au cas par cas "en ligne avec les pratiques du FMI" (article 12 du TI).
Mais voici qui est plus préoccupant. Au Fonds monétaire international sont confiées des tâches de responsabilité dans la mise en œuvre du MES, et quasiment de véritables pouvoirs de codécision. A trois reprises, il est dit que la Commission sera mandatée pour exécuter une tâche "autant qu'il est possible (texte anglais: "wherever possible") avec le FMI, et en liaison avec la BCE". Ou même "conjointement avec le FMI" (texte anglais: "together with the IMF"). Il s'agit de l'évaluation du risque lié à une demande d'assistance, de la négociation du mémorandum d'accord avec l'Etat demandeur, et du contrôle du respect de la conditionnalité attachée à l'assistance accordée (article13 du TI).
On remarquera qu'exécuter une tâche "avec tel organisme" implique une participation de cet organisme plus forte que si la tâche doit être exécutée "en liaison avec lui". "En liaison avec" évoque un simple devoir de consultation préservant la liberté de décider dans un sens ou dans un autre, alors qu'une exécution "avec", ou a fortiori "conjointement avec" suggère une véritable cogestion ou codécision.
Ainsi le FMI, organisation non européenne, est placé au premier plan de la procédure, cependant que la BCE, organe de l'Union en principe responsable de la politique monétaire de celle-ci, est repoussée au second plan. Etrange chassé-croisé de compétences!
4.- Un bataclan juridique
4.1.- Un régime juridique mixte
Le régime juridique du MES fait le grand écart entre sa conception de principe, qui relève de procédures intergouvernementales, et certaines modalités particulières qui empruntent certains traits au système institutionnel communautaire, nous l'avons vu. On dirait que les Etats membres n'ont pas osé aller jusqu'au bout de leur volonté d'émancipation. A moins que la Commission ait réussi à arracher le maintien pour elle d'une forme de participation. Une autre raison probable est aussi que la Commission se présente comme un grand "bureau d'études" peuplé de nombreux experts sur lesquels il est bien commode de s'appuyer. Les Etats se sentiraient orphelins sans son soutien technique… Mais lors même qu'ils ont continué à recourir à ses services, ils l'ont maintenue dans une position subordonnée.
4.2.- Mise en lumière de l'illégalité du système antérieur du FESF et du MESF
L'article 125, § 1, du TFUE dispose:
"L'Union ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d'autres organismes ou entreprises publics d'un Etat membre, ni ne les prend à sa charge".
Le même paragraphe reproduit mot pour mot la même interdiction à l'adresse des Etats membres: "Un Etat membre ne répond pas des engagements…," etc.
C'est la fameuse interdiction faite à l'Union et aux Etats membres de concéder des crédits à un Etat membre. Or le système existant depuis 2010 du MESF et du FESF viole allègrement cette double règle. Que cette règle soit stupide ou bienvenue, on peut en discuter, mais ce qui est indiscutable, c'est que le système de secours financier mis en place en mai 2010 viole le traité. Avec le MESF sont accordés par l'Union des prêts à certains Etats membres de l'eurozone; avec le FESF, ce sont par des Etats de l'eurozone, donc par des Etats membres de l'Union que des prêts sont accordés à d'autres Etats membres. Précédemment, l'Union s'était toujours montrée d'un juridisme sourcilleux, et voilà que, dans l'angoisse de la crise, on a fermé les yeux sur la violation d'un principe considéré comme sacrosaint depuis le traité de Maëstricht!
Certains hommes politiques en ont crûment fait l'aveu, tel M. Pierre Lellouche déclarant après l'adoption du premier plan d'aide à la Grèce: "Il est expressément interdit dans les traités de sauver un Etat européen de la faillite. De facto, nous avons changé le traité avec le plan."(14) "Changé" est un joli euphémisme pour "violé". Car le plan en cause n'avait évidemment pas qualité pour "changer" le traité!
Le MES est donc prévu pour résorber cette illégalité provisoire. Il le fait de deux façons:
- en supprimant tout prêt accordé par l'Union, comme c'était le cas avec le MESF. Désormais seuls des Etats prêtent;
- en modifiant le traité de Lisbonne par l'ajout d'un paragraphe à l'article 136 du TFUE autorisant désormais les Etats de l'eurozone, et eux seuls, à accorder une assistance financière – autrement dit à accorder des prêts – à certains Etats de cette même eurozone. Voici le texte ajouté à l'article 136 TFUE:
"Les Etats membres dont la monnaie est l'euro peuvent instituer un mécanisme de stabilité qui sera activé si cela est indispensable pour préserver la stabilité de la zone euro dans son ensemble. L'octroi, au titre du mécanisme, de toute assistance financière nécessaire sera subordonné à une stricte conditionnalité".
Cette limitation à l'eurozone montre que cette réforme n'est pas motivée par la compassion pour un pays qu'il conviendrait d'aider en raison des graves difficultés qu'il subit, mais par le désir de sauver l'euro, menacé par la crise qui affecte certains Etats appartenant à la zone euro.
En tout cas, le retour à la légalité grâce à une modification du traité de Lisbonne représente l'aveu a contrario que le système antérieur était bien illégal.
Il convient aussi de souligner l'hypocrisie et la mauvaise conscience des auteurs de ce subterfuge pour sauver leur système. L'article 125 qui interdit les prêts de l'Union ou des Etats membres à certains de ceux-ci n'est en rien modifié ni édulcoré en lui-même. Quand on veut vider de sa substance une disposition claire et jusque là considérée comme très importante, on ne touche pas à cette disposition sacrée, mais on introduit ailleurs des dispositions qui lui sont contraires et qui sont donc en fait des dérogations à la règle initiale.
4.3.- Les ambiguïtés juridiques liées à la modification prévue de l'article 136 TFUE
4.3.1.- Pourquoi le recours à la procédure de révision simplifiée a-t-elle été retenue pour modifier l'article 136 TFUE?
L'article 136 TFUE sera modifié sur la base de l'article 48, § 6, du Traité sur l'Union européenne, qui réglemente le recours à la procédure de révision simplifiée des traités européens. D'après cet article, la procédure simplifiée est possible sous deux conditions:
- seule la partie III du TFUE peut être révisée de cette manière;
- une telle révision "ne peut pas accroître les compétences attribuées à l'Union dans les traités" (soit dit en passant, elle pourrait en revanche les réduire, contrairement à ce qu'affirme le Parlement européen dans son avis sur la révision de l'article 136, qui ment là de façon délibérée).(15)
Le recours à l'article 48, § 6, s'explique sans doute par l'urgence de remédier à la crise de l'euro. Mais en recourant à cette procédure rapide, on se condamnait à ne pas accroître les compétences de l'Union, ce qui serait arrivé si l'on avait crée le MES dans un cadre communautaire. C'est probablement une des explications de l'évacuation totale du mécanisme vers une structure purement intergouvernementale.
4.3.2.- Alors, donc, les aides financières aux Etats membres, sont-elles interdites ou autorisées?
Une assez grande confusion existe sur ce qui est interdit et ce qui est autorisé en matière d'aides financières aux Etats membres en difficulté accordées par l'Union ou par d'autres Etats membres, et la révision de l'article 136 TFUE ne lèvera pas toutes les ambiguïtés, à supposer qu'elle ne les accroisse pas.
Dans l'Etat actuel des traités, donc avant la modification de l'article 136 TFUE, il existe au moins 3 articles sur cette question des aides aux Etats en difficulté:
- l'article 125 TFUE qui, on l'a vu, édicte le principe général de l'interdiction des aides tant en provenance de l'Union que des Etats membres;
- l'article 122 TFUE, § 1er, , qui autorise, dans un esprit de solidarité, "des mesures appropriées" en faveur d'Etats membres au vu de leur "situation économique", en particulier en cas de "graves difficultés" d'approvisionnement. C'est bien vague. Dans son paragraphe 2, le même article autorise même une "assistance financière de l'Union" à un Etat membre connaissant des difficultés "en raison de catastrophes naturelles ou d'événements exceptionnels échappant à son contrôle". Ce n'est guère plus précis. C'est sur la base de cet article 122, pour contourner l'interdiction de l'article 125, que le MESF et le FESF actuellement en vigueur ont été institués. Toutefois il est difficile d'assimiler la crise de l'euro à une catastrophe naturelle. Sans doute a-t-on considéré qu'elle pouvait être considérée comme un événement échappant au contrôle des Etats en crise!
- l'article 143 TFUE, qui prévoit la possibilité pour le Conseil d'accorder un "concours mutuel" - qu'ès aco? – pouvant comporter, notamment, l'octroi de crédits limités de la part d'autres Etats membres. Mais attention: alors que les articles 122 et 125 peuvent s'appliquer à tous les Etats membres de l'Union, l'article 143 est réservé aux Etats n'ayant pas l'euro comme monnaie. Il n'était donc pas utilisable pour un mécanisme réservé, au contraire, aux Etats de l'eurozone.
L'article 136 modifié introduira un nouveau cas autorisant une assistance financière, et celui-là très clairement ciblé pour résoudre la crise de l'euro. Le bénéfice de cet article ne pourra aller, à l'inverse de l'article 143, qu'aux pays de l'eurozone. Dès lors la question se pose du sort des articles 122 et 125. Leur portée sera-t-elle substantiellement entamée du fait de la réforme de l'article 136? Ou conserveront-ils l'essentiel de leur champ possible d'application? Visiblement, la position des institutions divergent sérieusement sur cette question.
Pour la Commission, l'énoncé nouveau du cas autorisé d'aide prévu par le nouvel article 136 ne porte nullement atteinte "aux mécanismes spécifiques de solidarité qui sont prévus aux articles 122 et 143 du TFUE".(16) Si ces mécanismes sont si "spécifiques" que cela, cela veut dire qu'ils ne sont pas applicables aux aides financières destinées à sauver l'eurozone, et la Commission confirme par là involontairement que l'utilisation de l'article 122 pour créer les mécanismes d'aide antérieurs au MES constituait bien une violation des traités.
Le Conseil européen, lui, s'en tire autrement. Pour lui, du fait de la réforme de l'article 136, "il ne sera plus utile de recourir à l'article 122" pour résoudre la crise de l'euro. Simple question de commodité, donc, et par là, le Conseil européen gomme l'illégalité de l'ancienne procédure.
Quant à la BCE, elle cherche, dans son avis,(17) à justifier tout et le contraire de tout. Selon elle, la modification de l'article 136 ne porte pas atteinte au champ d'application de l'article 125, il se borne à mettre en lumière, il "confirme" (sic) que l'article 125, même avant la réforme de l'article 136, ménageait – implicitement - la possibilité d'une aide financière à un Etat de l'eurozone. Au fond, à l'en croire, la réforme de l'article 136 ne change rien.
Ainsi, ces arguments incompatibles avancés par les uns et par les autres, mais qui convergent pour donner un avis favorable à la réforme projetée de l'article 136 TFUE, témoignent de l'embarras des institutions pour justifier les avatars successifs de la stratégie adoptée par l'Union pour surmonter la crise de l'euro.
- 4.3.3.- Le juridisme de l'Union tire à hue et à dia
Mais ces petites contradictions ne sont que peccadilles. Il y a pire. Au moment même où l'Union se livre avec le MES à une étonnante initiative intergouvernementale radicale et sans précédent, la même Union entreprend la discussion d'un vaste programme de gouvernance économique et budgétaire, détaillé dans 6 propositions de la Commission ahurissantes par une volonté d'intégration communautaire extrême et par un technocratisme qui touche au délire. Au même moment donc, on assiste à deux initiatives relevant de systèmes juridiques radicalement opposés. Quos vult perdere Jupiter dementat!
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(1) Les deux premiers épisodes ont été racontés dans mes notes Par quels moyens espèrent-ils sauver l'€uro? de février 2011, et Le deuxième plan de sauvetage de la Grèce, de septembre 2011.
(2) Décision du Conseil européen du 25 mars 2011 modifiant l'article 136 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (JO de l'UE n° L 91 du 6.4.2011, p. 1).
(3) Le FESF et le MESF ont été étudiés dans ma note Par quels moyens espèrent-ils sauver l'euro, de février 2011.
(4) Résolution du Parlement européen du 23 mars 2011 sur le projet de décision du Conseil européen modifiant l'article 136 du TFUE, considérant G.
(5) Points 14 et 15 de sa résolution.
(6) Avis de la BCE du 17 mars 2011, point 8 (JO de l'UE n° C 140 du 11.5.2011, p. 8).
(7) Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.
(8) Selon les termes de l'article 136 TFUE modifié.
(9) Considérants 1 à 3 et 13.
(10) Conclusions du Conseil européen des 24 et 25 mars 2011, p. 22.
(11) Article 16 du règlement (CE) n° 1467/97 du Conseil, du 7 juillet 1997 (JO des CE n° L 209 du 2.8.1997, p. 10). Ce, règlement est l'un des textes constitutifs du Pacte de stabilité
(12) Conclusions du Conseil européen des 24 et 25 mars 2011, p. 28.
(13) Conclusions du Conseil européen des 24 et 25 mars 2011, p. 28.
(14) Le Figaro conjoncture, 28 mai 2010. Cité par Jean-Luc SAURON, Contribution pour le 2e colloque de l'économie institutionnelle de l'Union européenne à l'Université technique de Berlin, 9 juin 2011.
(15) Résolution précitée du Parlement européen du 23 mars 2011, considérants L et M.
(16) Avis de la Commission sur le projet de décision du Conseil européen modifiant l'article 136 du TFUE. Document COM(2011)70 final du 15 février 2011, 12e considérant.
(17) Point 5 de l'avis de la BCE précité.
Gandhi disait
" On reconnait la grandeur d'une Nation à la manière dont elle traite ses animaux " ...
C'est bien le moment de parler "valeurs" et "civilisation" ....
voyez plutôt : http://www.politique-animaux.fr/
Nos politiques nous font honte ... nos politiciens font du clientélisme ...
Ils nous disent combien ils aiment nos animaux !!! ... désespérant ... pour les animaux, et donc pour nous et ce qu'ils nous
promettent en terme de "civilisation" ... car il faut bien le dire ... pas de compassion, et des idées complètement d'un autre âge !
La nouvelle génération ne connait peu ou pas Georges Marchais ...secrétaire général du parti communiste de 1972 à 1994... et ignore peut être également qu'il n'y a pas si longtemps, le PCF était un parti plus important que le PS : ainsi, aux législatives de 1973, le PCF obtint 21,5% des voix contre 18,8 pour le PS !
En 1981, aux élections présidentielles, Georges Marchais obtint 15,35% des voix ... score déjà nettement en déclin ... mais incomparable aux scores actuels de Marie-Georges Buffet avec 1,97% en 2007.
Aujourd'hui le PCF est devenu un parti à la marge ... et avec un discours qui n'a plus rien à voir avec celui de Georges Marchais... laissant ainsi le champ libre au FN .... regardez plutôt :
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